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La démocratie mise à l’épreuve par les industriels du vent.

Mis à jour : 29 mars 2019

Après la région Haut de France, dont le Président Xavier Bertrand a dit haut et fort qu’il fallait y mettre un terme à l’implantation irraisonnée d’éoliennes, c’est le Président du département de Charente Maritime, M. Dominique Busserau, qui vient à son tour de prendre position pour un moratoire de deux ans contre l’implantation de ces machines dans son département.


Ceci fait suite à la menace de construction de plus de 400 éoliennes, notamment sur l’Aunis et en Vals de Saintonge. A une écrasante majorité de 35 voix pour, 10 voix contre et 8 abstentions, le Conseil départemental de Charente Maritime a approuvé le principe de ce moratoire.


Cette décision intervient dans un contexte juridique où le Gouvernement vient, par le « décret Lecornu » , de supprimer la possibilité de contestation des projets éoliens devant les tribunaux administratifs de première instance en imposant aux requérants un recours direct et unique devant des Cours administratives d’appel spécialisées (Nantes et Versailles). Ce décret a aussi pour effet de priver les citoyens de la gratuité de la procédure. Il crée en faveur des promoteurs éoliens une juridiction d’exception dont l’objet est d’affaiblir le citoyen dans une relation déséquilibrée à leur profit et témoigne de leur emprise sur certains services de l’Etat. Il fait donc bien entendu, l’objet d’un recours judiciaire par plusieurs associations nationales qui le considèrent comme un « déni de démocratie ».


La Cour des comptes estime le coût financier en faveur de la filière éolienne terrestre à 121 milliards d’euros engagés à ce jour dans des conditions économiques peu probantes auxquels il faut ajouter 30 milliards pour la filière éolienne maritime.


Alors que M de Rugy, Ministre de la transition énergétique et solidaire, vient d’annoncer vendredi 22 mars 2019 une hausse de l’ordre de 6 % du prix de l’électricité due pour l’essentiel aux subsides consentis à cette filière, il sera intéressant d’observer si le Gouvernement respectera les souhaits émis par des élus locaux représentant la population ou s’il persévérera dans une politique représentant principalement les intérêts du groupe de pression des seuls promoteurs éoliens.


Arnaud Casalis


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